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VIENNE  
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January 15

Vienne (Autriche)

Paris est - wien W

 

Le 14/08/05

 

Arrivé à Paris, j'ai retrouvé Laurent à la gare de l'Est, muni d'une petite bière que l'on s'est sirotée avant le départ. 17h15 déjà!!! J'enfile les dernières gorgées de ma 8/6, et nous filons dans l'orient express, voiture n°124 place inclinable n°24, direction Vienne.

 

Avec Laurent, nous discutons de notre voyage, de nos dernières aventures. Il est en école d'ingénieur en télécommunication, il ne lui reste plus que 6 mois pour en sortir; L'an dernier il est parti au Nicaragua avec sa promo en voyage humanitaire. C'est un joueur de pelote basque. Il est Béarnais et ne lui dites pas qu'il est Basque, il y a quelques tensions entre eux. 

 

L'envie de fumer ma tige de huit me vient, je me dirige donc dans le coin fumeur entre deux wagons, je tire quelques taffes sur ma tau, et là!!!  Qui v'la tit pas que je vois la: une petite brune en decolleté noir sortant des toilettes, elle a pantalon un peu serré noir, ses ongles sont longs j'aime pas trop ça, mais elle reste très charmante.

 

J'entame la conversation... Enfin non, c'est pas tout à fait ça, c'est plutôt elle qui commence la discussion.

« _ have you got a fire, pleaeaeaease? »

 Elle a un accent de l'est, je lui demande donc si elle n'est pas Viennoise tout en lui allumant sa cigarette, elle me répond que si. Elle me dit qu'elle s'appelle Mélanie, elle a 24 ans et travaille dans les cosmétiques. J'en profite pour lui demander les lieux à visiter, mais la conversation devient de plus en plus difficile (on a du mal à se comprendre). Nous arrêtons donc notre discussion, et retournons chacun à notre place.

 

Pendant que je suis parti, Laurent n'a pas perdu son temps, une jolie allemande s'était assise à côté de lui, et ils discutaient tranquillement. Elle, c'est Julia de Munich, elle est montée dans le train à Chalons/Marne. Je reste de mon côté, et j'entame mon sandwich: tomates, salade, gruyère, jambon avec un peu de mayo, tout ça dans du bon pain de chez Parneix. Un régal! Puis je commence mon bouquin : Le concile de pierre.

 

A Strasbourg, un couple monte dans le train. J'avais pas fais attention, j'étais assis à leur place, j'ai dû virer… Je cherche donc ma place à moi. Manque de bol ou plutôt gros coup bol, c'est Mélanie qui est assise sur le siège inclinable n°24. J'essaye de trouver les mots pour lui faire comprendre qu'elle est à ma place, sachant qu'elle ne parle pas très bien l'anglais et que je ne parle pas l'allemand. Je lui montre ma place du doigt, elle me fait oui de la tête en tendant ses mains vers le siège voisin, comme si elle m'autorisait à m'asseoir à ma place.

 «_  C'est trop gentil merci ! ».

 

J'essaye de revenir à la conversation que nous avons eu tout à l'heure, à savoir les lieux à visiter à Vienne, et je lui sors un plan de la ville. Cette fois elle me comprend et elle m'indique les endroits à voir, mais c'est moi qui ne comprends pas ses explications. Heureusement, Julia qui écoutait notre discussion vient à la rescousse (elle parle un peu le « France » !). Ainsi nous avons pu avoir un petit itinéraire.

 

Je bois ma dernière bière afin d'alléger mon sac, puis je m'endors.

 

 

Visite de VIENNE

 

Le 15/08/05

 

Réveillé par ma voisine, qui trafique je ne sais trop quoi dans son sac, je m’étire de tout mon long sur le super siège inclinable, avant de me rendre compte que nous arrivons à Vienne. Et je range à mon tour dans mon sac. Laurent lui est déjà prêt à descendre, il est un peu déçu que la ptite Julia soit sortie si tôt (c’est vrai qu’elle est très mignonne). A la gare nous allons prendre un petit café avec quelques pâtisseries, Mélanie nous accompagne et nous donne les dernières instructions pour le train de ce soir, puis nous quitte.

 

Pour nous rendre au centre ville, nous prenons le métro jusqu’à Innere Stadt ; en sortant de la station, nous nous trouvons au pied du Stephansdom (cathédrale saint Etienne), puis nous longeons la rue, cherchant l’office du tourisme, débouchant sur Mainz Platz. Puis nous revenons sur nos pas car nous ne trouvons pas l’office du tourisme, les rues sont larges, bordées de grands bâtiments bien classes avec des magasins assez chics. Enfin nous trouvons l’office du tourisme qui se trouve près d’un grand musée.

Avec un plan de la ville, nous allons faire un tour dans les parc de la ville (très somptueux), passant devant de grands monuments tous aussi beaux les uns que les autres. A la fin ça en devient lassant, je ne suis même plus étonné de voir quelque chose de beau.

 

Nous reprenons le train vers la Roumanie, à 20h03, et nous nous trouvons dans un compartiment avec une gentille femme âgée, qui a essayé de parler un peu avec moi en français, mais elle a oublié. Je lui ai filé mon mp3, ainsi elle a pu écouter Goràn Brégovic. Le problème c’est qu’après, impossible de lui enlever la musique, elle a écouté toutes les musiques de taré que j’ai, comme les Béru ou Noir Désir : heureusement qu’elle a oublié le français. 

Nord de la Roumanie

Arrivée en Roumanie

 

Le 16/08/05

 

Arrivés à Arad vers 6h, nous partons trois quarts d’heures plus tard à Oradea, où nous arrivons à 10h. Notre objectif est d’aller dans les Maramures au nord ouest de la Roumanie. Nous n’avons pas de correspondance avant 15h45 pour Satu Mare, du coup nous nous baladons un peu dans la ville, qui vaut le détour car il y a de belles églises orthodoxes, et de jolies places.

 

Nous prenons le train comme prévu, nous passons devant de superbe paysage de la campagne Roumaine, jusqu’à ce que le train s’arrête : une personne vient nous voir pour nous dire de prendre le bus. Je crois que la voie a été détériorée par les inondations.

 

Là nous rencontrons un couple de français, François et Nathalie, ils sont en Roumanie déjà depuis une semaine. Ils sont partis de Bucarest en passant par la Transylvanie, puis les mont Apuseni, avant d’arriver dans les Maramures. A Satu Mare nous décidons de rester ensemble, nous trouvons une auberge de jeunesses, chambre avec balcon. Je prends ma première douche depuis trois jours. Puis nous partons nous restaurer tous les quatre en villes. François est conducteur de train à la SNCF, Nathalie… je ne me rappelle plus (désolé mais tu peux l’écrire dans un message, si tu veux), ils sont de la Bourgogne.

Nous allons boire une petite bière sur une terrasse, puis nous allons nous coucher.

 

 

Les Maramures

 

Le 17/08/05

 

Le lendemain nous partons pour les Maramures. Première chose à faire : trouver une carte de la Roumanie. Deuxièmement : trouver la sortie de Satu Mare en direction de Sat Sugatag. Troisièmement : trouver une voiture qui accepte de nous prendre en stop.

 

Nous arrivons donc à la limite de la ville, là une dizaine de personnes sont en train de lever le pouce : c’est pas gagné. Nous trouvons une place sur le bord de la route, un gars vient nous voir, nous demande de le suivre, puis un autre roumain arrive, ils discutent entre eux puis le deuxième s’en va. Un peu soucieux de savoir ce qu’ils se sont dit, je vais à sa rencontre et il me fait comprendre que c’est un escroc, et me dis de ne pas monter dans cette voiture. Nous restons donc avec lui. Son prénom c’est Mihaï. Il nous pose quelques questions, à savoir d’où l’on vient etc.… Puis il finit par nous montrer sa carte de douanier : ouah le coup de flip, j’ai cru un instant qu’il voulait nous arrêter ou nous fouiller. En fait pas du tout, il a voulu nous rassurer sur lui, c’est un simple douanier qui fait du stop. En Roumanie, c’est normal !!! Puis une voiture s’arrête devant nous.

 

Il s’agit d’une Dacia, une de ces vieilles voitures Roumaine, on ce demande comment elle roule encore. Bref, nous mettons nos sacs dans le coffre, et nous montons à l’arrière de la voiture, il y a deux petites filles, que nous mettons sur nos genoux, Mihaï s’installe devant.

Je demande à l’une des filles : « Cum te cama ? ». La seule phrase que je connais.

Elle me répond : « Bianca ». Je fais de même pour l’autre : « Marie ».

Ensuite durant tout le voyage elles nous ont appris le Roumain. Lorsque nous passions devant une église, elles criaient : « Biserica, Biserica !! », devant un champs : « Padurea, Padurea !! », devant des moutons : « Oyes, Oyes !! »… Et à chaque fois il fallait répéter. Elles étaient très mignonnes, j’ai bien rigolé.

 

Puis nous arrivons à la gare routière de Baia Mare, Mihaï reste avec nous et nous aide à prendre les billets pour Sat Sugatag. Comme nous avons le temps, nous lui offrons un coup à boire, et nous prenons une tuica (eau de vie). Puis à son tour, il nous en offre une. J’en prends une dernière pour la route avec Mihaï, puis nous nous quittons en échangeant nos adresses et numéros de téléphone, il me conseille de prendre de la tuica dans l’épicerie de Sat Sugatag.

 

Nous montons dans le bus, et nous retrouvons notre couple d’hier soir, ils ont pris le train pour venir jusqu’ici, et ils vont jusqu’à Sighetu Marmatiei une ville un peu plus au nord. Nous faisons une partie du trajet ensemble. Nous sommes un peu l’attraction dans le bus, d’autant plus que lors de l’arrêt pipi, je suis allé m’acheter une bière et le chauffeur a failli ne pas m’attendre, ça a fait rigoler un peu tout le monde. Un peu plus loin, le chauffeur nous lâche sur le bord de la route.

 

Sur le coup j’ai l’impression d’avoir été parachuté dans un endroit paumé, le village à l’air désert, nous marchons le long de la route. J’essaye de me rappeler pourquoi nous sommes là… ah ! Oui ça y est, c’est pour voir les arbres à casseroles. Je réalise que c’est quand même une belle connerie : on est deux paumés en rase campagne et nous voulons voir des arbres à casseroles. Je pense que le moment est venu pour suivre le conseil de Mihaï. Nous trouvons l’épicerie, où nous buvons deux tuica sur un banc. Là, un vieil homme arrive, et nous parle en roumain. Je lui tends mon verre qu’il refuse, et rentre aussi sec dans l’épicerie. Il ressort avec trois tuica et nous en donne une chacun après s’être assis à côté de nous. Il nous parle dans sa langue que je ne comprends pas, et une fois son verre fini il nous sert la main puis repart.

Nous finissons nos verres puis repartons sur la route, passant devant une petite église tout en bois avec un petit cimetière très pittoresque. Puis nous continuons notre recherche d’arbre à casseroles, que nous trouvons 2 kms plus loin. D’après une personne que nous avons rencontrée, un arbre avec des casseroles signifie qu’il y a une fille à marier dans la maison.

 

Nous continuons notre chemin, car le but est d’aller dans la vallée du Cosau. Nous nous arrêtons à un croisement pour faire du stop. Il n’y a pas énormément de voitures qui passent par là, mais au final deux jeunes dans une voiture s’arrêtent et nous amènent à Ocna Sugatag, 10km plus loin. Là, Laurent s’aperçoit qu’il n’a plus son appareil photo, nous essayons de retrouver la voiture : impossible. Laurent décide donc d’aller jusqu’à l’endroit où nous avons fait du stop. En attendant, je garde les sacs et je m’installe dans un snack. Il revient une demie heure ou trois quart d’heure plus tard en sueur et sans son appareil, cette fois c’est cuit. C’est le gros point noir du voyage. Nous repartons blasés, la nuit commence à tomber et nous nous apprêtons à chercher un endroit pour planter la tente.

 

C’est alors une voiture s’arrête, des gens nous proposent de venir dormir chez eux. Il s’agit de Vasile (le père), Joana (la fille), Stephano (le mari de la fille), et Marie (la mère). Nous acceptons leur invitation, ils habitent à Budesti, dans une petite ferme en bois, dans la cour il y a un puits, les vaches sont dans une grange juste en face de la maison, et à droite la maison de Joana et Stephano (où nous dormons). Nous installons nos affaires dans notre chambre. C’est une chambre traditionnelle, plein de tissus de toutes couleurs sur les murs, de la dentelle sur les meubles et des tableaux  à l’effigie de nos saints si sacrés (ou nos sacrés seins… euh saints). Marie nous a préparé des haricots, avec des saucisses et un peu de pain, un repas très copieux. Vasile parle un peu le français, il a passé un an au nord de Paris, dans la banlieue. Il travaillait au black dans le bâtiment, et ça n’a pas était souvent facile car j’ai vraiment l’impression qu’il a été exploité. A la fin du repas, Marie et Joana veulent nous montrer leur petit musée. C’est Marie qui a confectionné des chemises, des pulls, des nappes… tout ça à la méthode traditionnelle, moi j’essaye une veste de berger, puis je mets une petite chemise blanche vraiment classe brodée au niveau des épaules. Une fois la séance déguisement fini,  je rejoins Stephano qui regarde un match de foot avant d’aller au lit.

 

 

Le 18/08/05

 

Nous repartons le lendemain matin le long de la vallée du Cosau, allant voir deux églises : celle du bas et celle du haut. Il paraît qu’ici vivait une sorte de Robin des Bois des Maramures. Puis nous faisons demi-tour pour aller vers Sighetu Marmatiei. En chemin, nous passons devant un lavoir, puis nous allons au marché d’Ocna Sugatag où l’on peut acheter des buffles. Là nous rencontrons Stephano qui nous amène boire un coup avec Vasile dans un bar où Joana est serveuse. Nous leur disons une dernière fois au revoir, puis nous partons en stop pour Sighetu Marmatiei.

Puis nous prenons le bus vers Sapinta, voir le « cimetière joyeux ». Là un sculpteur a fabriqué des tombes très originales pour les défunts de Sapinta. En effet, les tombes sont pleines de couleurs vives, et le portrait du défunt est dessiné dans une icône le présentant dans sa tâche quotidienne lors de son vivant, ou alors l’accident qui a pu provoquer sa mort.

 

Nous repartons de Sighet pour Salva où nous avons un changement, là nous allons à une épicerie manger un morceau, puis nous retournons sur le quai attendre notre train. Un gars un peu chelou vient nous voir, il nous raconte sa vie avec un sale accent américain, il n’a pas de famille, son père est en prison, son frère est en prison, sa mère, sa sœur et son arrière grand-mère sont en prison. Je finis par lui donner 10 lei, en espérant qu’il nous laisse tranquille. Nous montons dans le train bondé, il n’y a plus de place pour s’asseoir, et je suis obligé de rester debout (il est 23h30), Laurent arrive à se poser assis contre la porte. Ce n’est pas l’idéal car à chaque arrêt il y a des gars qui montent ou qui sortent, et il y a un courant d’air près de la porte. Moi, je ne suis pas mieux debout, je reste éveillé en discutant avec Florent qui voyage avec sa fille, elle est assise dans un compartiment en train d’écouter la musique française. Ils vont voir sa sœur à Suceava. C’est un gars vraiment intéressant, il a une trentaine d’année. Pendant la révolution Florent faisait son service militaire, il ne comprenait rien à ce qui se passait : un jour il était avec des soldats et le lendemain il leur tirait dessus, car les dirigeants se trahissaient les uns les autres. Au final il a pris une balle dans le bras et une dans le ventre. Ce qui m’a surpris, c’est que c'est une personnes très saine d'esprit malgrès les atrocités qu’il a pu voir, il essaye de s’en sortir, et c'est vraiment quelqu'un qui force le respect. Je pense que très peu de Français peuvent se plaindre de ce qu’ils ont vécu ces vingt dernières années.

 

Nous descendons à Véronet vers 4h00, prenons un taxi avec un ouvrier qui travaille dans un monastère et nous plantons la tente à côté de celui-ci.

 

 

Les monastères de Bucovine 

 

Le 19/08/05

 

Le lendemain, je me réveille en sursaut, une bête est juste à côté de la tente et tape dessus. Je réveille Laurent :

« Laurent, réveilles-toi, y a une bête !! »

Il s’agit en fait d’un cheval, il donne des coup de sabots sur la tente, ouah le coup de flip. Laurent plus courageux arrive à le faire partir, je dois dire que je ne faisais pas le fier : j’aime bien les chevaux quand ils sont loin de moi.

Nous replions la tente, et allons visiter le monastère de Véronet : à l’intérieur de l’enceinte il y a une petite église dont le mur est couvert de fresques représentant des scènes des différents évènements de croyance orthodoxe, et les différents saints. L’intérieur est entièrement décoré avec des fresques, des tableaux, tapis… Au fond une iconostase sépare la salle de prière du sanctuaire où il est interdit de rentrer.

 

Nous ressortons, il pleut, le prochain monastère est à 11 kms, un chauffeur de taxi vient nous proposer de nous amener mais il nous demande trop d’argent, du coup, Laurent le renvoie chier. Et on se retrouve comme deux cons sous la flotte, quand une voiture bien classe s’arrête, à l’intérieur deux demoiselles très mignonnes, elles nous amènent jusqu’à la gare, en fait elles avaient pitié de deux pauvres gars sous la pluie, on a bien fait de ne pas monter dans le taxi. Merci Laurent. Puis nous allons prendre un petit déjeuner bien copieux avant d’aller au monastère d’Humor. Un peu dans le même style que Véronet avec une tour de guet en plus.

 

Puis nous prenons le bus jusqu’à Suceava, et un taxi jusqu’au monastère de Dragomirna, il est beaucoup plus grand que les deux autres, entouré d’une enceinte imposante, l’église est cette fois en pierre taillée, en grand jardin l’entoure. Les sœurs sont bien sympas, j’ai discuté avec l’une d’entre elles qui parlait français. Nous descendons l’allée, un taxi attend deux touristes suisses, nous montons avec eux  et le taxi nous ramène à Suceava, à l’endroit où dorment les suisses. Nous en profitons pour demander au propriétaire une chambre. Ainsi j’ai pu prendre ma douche. Puis nous partons faire un tour en ville et mangeons dans un petit resto. J’ai pu goûté aux Mici : petites saucisses grillées à base de viande hachée roulées sous les aisselles !

 

 

Le 20/08/05

 

Nous allons à la gare le matin, j’ai pris un ciorba de burta (soupe de trippes) comme petit déj: vraiment trop trop bon, si je peux j’en reprendrais bien un tout les matins.

Nous prenons le train vers 11h30 pour Iasi (Yach), Une fanfare moldave a joué quelques morceaux dans le train, s’était bien festif malgré un paysage désolant à cause des inondations.

 

Nous arrivons à Iasi, en Moldavie, je vous le dis tout de suite : cette ville ne vaut pas le détour. C’est un entassement de vieux immeubles gris et il n’y a pas vraiment de monuments à voir à part le palais de la culture et quelques églises comme celles des Trois Hiérarques qui est assez jolie.

 

Nous décidons de partir dans le Delta du Danube le soir même pour ne pas perdre plus de temps dans le coin. Nous prenons le train vers 10h du soir après avoir pris nos réservations. Nous nous installons dans un compartiment avec une famille partant en vacances près de Constanta (la côte d’azur roumaine). Nous discutons une bonne partie de la nuit avec eux et plus particulièrement avec Simeone la fille, qui est sympathique. Elle voudrait bien faire ses études à l’étranger.

 

Nous arrivons à Midgidia où nous devons prendre une correspondance pour Tulcea. Là nous croisons des bretons qui fond surtout pas mal de randonnée. Puis nous montons dans le train, avec des Roumain revenant du festival de Vama Veche. De joyeux fêtards qui vont finir leurs vacances dans le delta. Gabriel vient me proposer de la palinka (eau de vie). A noter qu’il est 6h du matin et que je n’ai pas beaucoup dormi. J’accepte malgré tout son offrande. Puis je discute un peu avec eux.

 

Il y a Alexandru l’aventurier, dans la vie il attrape des serpents pour les amener dans des laboratoires, il aurait bien voulu rentrer dans  la légion étrangère, mais une chance pour lui il a raté les tests physiques, c’est le guide du groupe il connaît bien les marais du Delta.

à Gaby, un joyeux fétard qui fait attention aux gens qui l’entourent, il fait parti de la Croix Rouge à Brasov, et il voudrait passer quelque temps en Allemagne.

à Cata c’est aussi un aventurier et un gars qui pourrait se débrouiller tout seul dans la nature avec trois bout de ficelle et un couteau (une sorte d'homme des bois).

à Niels est allemand, ça  fait 8 mois qu’il est en Roumanie et va bientôt devoir rentrer chez lui, c’est un excellent cuisinier.

à Ovidiu le pêcheur du groupe, il revient toujours bredouille !

à Theo le gars cool, zen et bien marrant.

à Léa, suisse, elle ne peut pas s’empêcher de sortir une phrase sans dire « fuck » ou « fucking ».

Ex : Where are my fucking cigarettes ?

à Isabella la fille un peu grunge qui aime bien déconner.

à Marita, la fille fleur bleue toute gentille.

 

Nous décidons de partir avec eux dans le delta du Danube...

 

Le delta du Danube- Bucarest

 Le delta du Danube- Bucarest

 

Le 21/08/05

 

Arrivés à Tulcea, nous avons suivi les roumains, nous nous sommes posé un instant pour manger des Mici et boire quelques bières, le temps qu’Alexandru se renseigne sur le bateau. Pas de bol, il n’y a pas de bateau le dimanche.

Nous décidons de faire les courses pour passer la nuit de l’autre coté du Danube.

Nous attendons sur le quai une petite navette pour traverser le fleuve. Elle a du mal à arriver, c’est une vieille navette, elle lutte contre le courant... Enfin elle accoste, nous posons les sacs sur le toit et nous montons à bord. La traversée est assez périlleuse, le bateau tangue d’avant en arrière et de bâbord à tribord, j’ai  peur pour les sacs, et j’ai un peu mal au bide. Mais nous arrivons tant bien que mal sur la rive gauche.

 

Nous plantons nos tentes sur le bord du Danube. Le coin n’est pas très propre, mais assez confortable. Moi je continue mon bouquin pendant que certains dorment, vont se baigner, ou repèrent les lieux. Plongé dans mon histoire, je sens une main sur mon épaule, et j’entends une voix grave.

«Actele le control !!!».

C’est un policier et je comprends rien à ce qu’il me dit. Cata se réveille et vient à sa rencontre. Ils discutent pendant un moment, ils rigolent de temps en temps, tout va bien, il s’agit juste d’un contrôle des papiers, il note  nos identités sur son calepin, et nous laisse camper tranquillement. J’ai bien cru qu’on allait devoir dégager.

 

Plus tard, mon ventre gargouille, la faim me gagne c’est sûr. Je me fait un ptit sandwich, pendant ce temps Niels prépare des petits légumes à la poêle (poivrons, oignons, échalotes, poireau, paprika…), j’en mets un peu dans mon casse-dalle : ça lui donne un tout autre goût que je ne saurais vous expliquer, en tout cas ça serait trop long. Isabella sort ses CD et ses mini baffes : la soirée s’annonce bien, on a du son, à manger, et à boire. Nous sortons les bières qui étaient au frais dans le Danube, avec Gaby je partage quelques verres de vodka, on a pas trop de conversation en anglais mais avec l’alcool on se comprend facilement : le mec bourré est une langue universelle. La nuit est tombée, c’est la pleine lune, elle est orange vif et je ne sais pas si c’est l’alcool qui fait effet mais elle monte à une vitesse fulgurante. Enfin bref c’est pas grave, Cata sort la palinka, une boisson soigneusement concoctée par ses soins à base de vodka et d’alcool à 90°. Puis nous finissons par un bain de minuit dans le fleuve.

 

 

Le 22/08/05

 

Le lendemain nous prenons le bateau pour le delta, passant par le bras du Danube le plus au nord, séparant la Roumanie de l’Ukraine. A chaque village c’est le ravitaillement, et particulièrement Valia Veche : environ une trentaine de personnes sont agglutinées sur le quai, avant même que le bateau ait accosté c’est la ruée, la bousculade, des petites engueulades, mais chacun repart avec ses fournitures (légumes, pains, courrier…).

 

Avant de partir je fais quelques courses avec Isabella qui prend des bières et des gâteaux, j’achète  des fruits, pour partager ça sur le bateau. Quand nous sortons nos achats, c’est un peu la surprise pour les autres. Et chacun fera à son tour sa petite surprise, en général se sera des bières, c’est tout ce qu’on peu trouver d’intéressant sur le bateau. Pendant ce temps Théo dors tranquillement sur le pont, son chapeau lui cache le visage et il se sert de son sac de rando comme oreiller. Gaby a une bonne idée, il s’agit de lui faire croire que nous descendons au prochain village. Chacun met son sac sur le dos pour que la farce soit plus crédible, nous accostons. Nous  réveillons Théo qui ne veut pas se lever, nous l’aidons à se mettre debout, et à enfiler son sac.

« Oh ! T’as oublié ton chapeau », lui dit Gaby.

Il se retourne un peu déboussolé, ramasse son chapeau puis passe devant tout le monde. Nous le regardons partir, et c’est le fou rire, tout le monde est plié. Il revient après s’être rendu compte de la supercherie, il est dégoûté, il ne rit pas autant que nous, sa vengeance sera terrible. (Bon d’accord c’est peut être pas drôle quand tu le lis comme ça, mais c’était vraiment Mégalouchtik : drôle en roumain).

 

Après 7h de bateau, nous accostons à Parapriva. Un tracteur nous attendait derrière le quai, nous montons dans la remorque direction Padurea Letea. Nous traversons la campagne, passant dans des petits villages. Les maisons sont en torchis et leurs toits sont faits de paille.  Sur notre chemin nous croisons un troupeau de chevaux sauvages, et plein d’autres espèces d’animaux. A côté de moi il y a un homme d’environ 40 ans, il vit dans le village où nous allons, et nous invite à boire son propre vin chez lui.

 

Nous arrivons à Padurea Letea, la nuit est tombée depuis longtemps, nous posons notre camp sur une digue près du marais (à déconseiller fortement, c’est infesté de mosquitos : tu l’auras compris pas besoin de traduire), nous mangeons nos flageolets dans les boites de conserve que Niels a réchauffé. Il a un vieux réchaud qui date de l’époque du communisme en ex RDA, il fonctionne au benzène et quand il l’allume l’objet s’enflamme, il souffle dessus  comme un taré pour éteindre le feu jusqu’à ce qu’il reste plus qu’une petite flamme. C’est assez rustique mais c’est efficace. Nous raclons le fond de nos gamelles, et partons voir notre ami.

 

Il habite avec sa femme dans une maison tout à fait typique du coin, derrière il y a une petite cour avec un poulailler et une cabane. Dans la cour, l’homme s’est fabriqué un four en torchis et un distilleur artisanal, il a aussi un jardin avec du maïs, des tomates, concombres, salades… Enfin bref il a son propre supermarché chez lui, sauf qu’il n’a pas besoin de passer à la caisse.

Il sort deux bouteilles de cinq litres de sa cabane, une de vin blanc et une de rouge, et nous les fait goûter. Après cette dégustation, nous lui prenons quatre litres de rouge et nous retournons au camp.

Les premières gorgées sont assez douce (le vin se laisse boire), mais plus on s’approche du fond de la bouteille plus le vin a le goût du vinaigre. L’alcool ayant fait son effet je continue dans mon élan, et puis ça n’a pas l’air de déranger les autres. Nous finissons cette « fucking » bouteille à cinq, puis je décide d’aller me coucher, pendant que Cata, Alexander, Léa et Isa vont faire un tour en barque…

 

 

Le 23/08/05

 

8h47, j’aimerais bien dormir encore un peu mais la chaleur dans la tente est insupportable, je me lève la gueule enfarinée, j’ai encore la gorge qui me pique à cause du vin trop fort de la veille. Je prends un petit café et quelques biscuits en guise de petit déjeuner. Ovidiu revient de la pêche sans poisson.

 

Le programme de la journée : balade en barque dans les marais et promenade en forêt. Nous faisons deux groupes, je suis dans le premier qui part en barque avec Laurent, Cata, Marita, Gaby, et Ovidiu. Nous traversons le marais tel un commando militaire, le bruit du vent soufflant sur les roseaux nous rappelle que nous sommes seuls ici. Les plantes aquatiques s’accrochent à nos rames et les roseaux de plus en plus abondant rétrécissent la voie, notre approche dans le marais est de plus en plus difficile, nous sommes contraints à nous pousser à l’aide d’une perche. Un serpent ondule dans l’eau devant nous à toute vitesse, il a dû avoir peur de nous. Ne pouvant plus avancer nous revenons au point de départ. Une petite baignade bien méritée s’impose : je saute dans l’eau, le fond est vaseux et je m’enfonce jusqu’au genou ; l’eau est bonne.

Ensuite nous partons en forêt ; sur le chemin nous croisons un vieil homme qui rassemble sa paille, il y a une source pas très loin où nous remplissons nos bouteilles pendant que Gaby discute avec le paysan. Il n’avait jamais vu la région où habite Gaby (Brasov), cependant il l’imaginait avec des montagnes immenses, il avait tendance à extrapoler et ça rendait les choses « Mégalouchtik ». Nous continuons notre chemin et rentrons dans la forêt. C’était sympa malgré les 57 moustiques qui se sont pris d’affection envers moi. Nous nous sommes posé sur une plaine, un pélican volait au dessus de notre tête.

 

21h, n’ayant pas trop dormi ces deux dernières nuits, et après une journée bien chargée je décide d’aller me coucher. Je tombe dans un sommeil profond assez rapidement. Mais en pleine nuit deux individus gueulent juste à côté de ma tente. Ils tapent dessus, puis je sens la tente se soulever. Je sors un peu énervé par ce réveil mouvementé, un des deux gars se tient devant moi, il refoule du goulot c’est impressionnant, l’autre est resté derrière la tente. Ils baragouinent des trucs de roumains complètement blindés. Laurent sort à son tour, nous essayons de les calmer mais y a rien à faire. Entendant ce vacarme, les autres arrivent à la rescousse, ils essayent de s’expliquer. Puis Alex, Cata et Gaby partent un peu plus loin avec les deux individus. Ovidiu me dit que se sont les personnes à qui nous avons loué la barque et nous accusent de l’avoir détériorée. Ils reviennent une demi heure plus tard, Alex leur donne 200000 lei (soit 5 euros), et ils repartent. La barque n’était pas cassée, il y avait de l’eau qui s’infiltrait, en fait il s’agit tout simplement d’un racket. L’un des deux avait une arme et l’a pointé sur Cata lorsqu’ils étaient à la barque. Nous repartons nous coucher en espérant qu’ils ne reviennent pas.

 

 

Le 24/08/05 et 25/08/05

 

Après cette nuit bien mouvementée, le moral n’est pas au beau fixe, nous prenons notre petit déjeuner tous ensemble, un homme se tiens plus loin, il n’ose pas venir nous déranger. Il fait signe à Théo de le rejoindre et lui donne une bouteille de vin, juste parce qu’il l’avait dépanné d’une clope la veille.

«Voilà, ça c’est la Roumanie! » dit Niels, « tout s’oppose: un jour on pointe une arme sur toi pour 5 euros et le lendemain on vient t’offrir une bouteille pour une tige ».

Il a pas tort, c’est vraiment incroyable mais on retrouve des oppositions un peu partout dans ce pays, par exemple une jolie petite église devant un vieil immeuble délabré, ou encore un gars qui va t’inventé n’importe quoi pour te soutirer de l’argent et un autre qui te rendra service juste parce que ça lui fait plaisir… enfin bon je pourrai citer plein d’exemples comme ça sur tout et n’importe quoi.

 

Après le ptit dèj’, je vais faire quelques petites courses avec Laurent dans le seul magasin du village, la femme ouvre juste. Elle allume la télévision, sûrement comme tous les matin, mais c’est pas la chaîne de d’habitude : il s’agit d’une chaîne X. Un peu au radar, j’ai du mal cerné le truc, mais en tournant un peu la tête je vois bien qu’il s’agit d’une femme qui a la tête entre les cuisses d’une autre. Laurent fait semblant de ne pas voir et je fais de même, la femme essaye de changer en appuyant à deux mains sur les touches de la télécommande en direction du téléviseur qui met du temps à trouver un autre réseau. Heureusement elle tombe sur téléboutique achat en roumain. C’est qu’en même un peu plus convenable, quoique… ! Nous faisons nos petites emplettes et repartons le sourire en coin.

 

Après, la journée est un peu tombée à l’eau, Cata, Gaby et Alex sont partis porter plainte à la police locale dans un autre village, nous les rejoindrons dans l’après midi en allant à Parapriva. Les deux hommes auront 2 000 000 de lei à payer, c’est une amende assez lourde pour eux, mais au moins ils ne recommenceront pas avec d’autres personnes.

 

Nous arrivons le soir à Parapriva en tracteur, comme à l’aller.  Nous traversons le village, prenons un petit chemin sur la droite donnant sur un lac n’ayant pas de berges. Nous enlevons nos chaussures et longeons le lac les pieds dans l’eau, parfois on en a jusqu’au genou. Plus loin nous trouvons un emplacement pour camper.

 

Pour le dernier soir, nous faisons un petit feu qui nous sert à faire la cuisine, et pas n’importe laquelle !!! Celle de Niels bien sur, notre cuisinier hors pair. Cette fois il nous fait des pâtes avec des lardons, de la saucisse, des légumes avec une sauce… mais une sauce !!! Hmmm c’est succulent. Pendant ce temps, Théo prépare une petite pipe pour fumer l’herbe qu’il avait ramassé dans la forêt, ca a plutôt le goût du barbecue. Ce soir là je ne me couche pas tard, je fais mes adieux à tout le monde car Laurent et moi devons prendre le bateau à 6h00 du matin.

 

4h30 le réveil sonne, je m’habille, prépare mon sac et range la tente avec Laurent. Avant de partir je réveille Ovidiu pour sa séance de pêche. Il n’a pas l’air très content. Merde je me suis trompé de tente il s’agit de Théo. Je vais à la tente voisine, cette fois c’est bon, je le réveille et je pars prendre le bateau…

Je vais accélérer la journée : nous arrivons à Bucarest  à 19h09.

 

Bucarest 

 

Le 26/08/05

 

La veille nous n’avons pas traîné pour trouver notre hôtel, manger, boire une petite bière avant d’aller dormir. Le lendemain, levés assez tôt, nous prenons un petit dèj’ bien copieux dans le hall de gare avec des pâtisseries c’est trop bon.

 

Puis nous partons visiter la capitale, commençant par le musée du paysan roumain près de la place de la Victoire. C’est un musée très intéressant où l’on peut voir des objet utilisés dans la vie quotidienne des paysans : outils, céramiques… Les costumes traditionnels de chaque région sont présentés. Ils ont même apporté un moulin, un calvaire, une maison en bois et l’intérieur d’une église dans le musée.

Ce musée a reçu plusieurs prix dont celui du meilleur musée européen de l’année.

 

Puis nous descendons la calea victorei,  passant devant différents bâtiments de style néo baroque ou classique, perso j’ai du mal à différencier les styles et de toute façon  nos guides ne sont pas d’accord entre eux. Alors Laurent essaye de défendre son bouquin et moi le mien mais personne ne lâche le morceau, nous en concluons qu’il s’agit d’un mélange de styles néo éclectique classico baroque du 18ème au 20ème siècle après JC bien sur. Les trucs à voir sont l’athénée roumain, la place de la révolution et le cercle militaire. Il y a un petit passage près du cercle militaire où l’on trouve des petits cafés et des boutiques, c’est bien sympa et calme : j’y ai pris un ice coffee avec de la chantilly, trop bon.

Nous passons derrière le cercle militaire pour aller au parc Cismigiu, un parc charmant avec un lac pour faire du bateau, une cascade, un tronc d’arbre d’au moins deux mètre de diamètre, et plein de gens qui se baladent tranquillement. C’est vraiment un endroit de la ville très paisible au milieu des boulevards.

Nous montons l’avenue Regina Elisabeta pour nous balader dans le quartier historique de Bucarest, il y a des rues en pavées, de vieilles auberges, de vieilles boutiques ou galeries d’arts. C’est assez sympathique. Nous sommes passé dans une auberge Hanul Manuc où a été signée la paix entre la Russie et la Turquie après six ans de guerre et dont le propriétaire était sans doute un espion.

Enfin pour terminer, nous allons au bout du boulevard Unirii voir le fameux palais de Ceausescu (ou parlement roumain), un monument colossal 240mX270m et d’une hauteur de 86m : un truc de fou, il n’est pas très beau mais en impose par sa masse. D’ailleurs, tout le long du boulevard il y a des fontaines et lorsqu’ils les mettaient en service,  plusieurs quartiers de la ville n’étaient plus alimentés en eau.

 

Le soir, nous prenons le train pour Brasov en Transylvanie, nous attendons sur le quai n°8. Je vais me chercher quelques sandwiches pour le voyage. Quand à 20h40, le train sur le quai n°6 part, Laurent s’aperçoit qu’il s’agit du nôtre. Nous prenons nos sacs, traversons en courant les deux voies qui nous séparent et montons dans le train qui avait déjà démarré. Il était moins une !! Nous nous installons dans un compartiment. Pendant le voyage, je me suis aperçu que les contrôleurs étaient dans un compartiment juste à coté du nôtre, et qu’ils passaient de la musique dans tout le train à partir d’un simple autoradio.  Du coup je leur ai demandé de passé un CD que j’ai acheté dans la journée, ce qu’ils ont fait.

Nous arrivons à Brasov vers 23h et trouvons une auberge de jeunesse. Nous sommes dans une chambre avec un polonais et un anglais qui parle de l’EU et son histoire. Nous nous couchons vers une heure. 

La Transylvanie - Les monts Apuseni

La transylvanie

 

Le 26/08/05

 

Le lendemain, nous prenons notre petit dèj’ sur la terrasse devant de petites montagnes, avec plusieurs personnes de nationalités différentes.

 

Puis nous partons visiter Brasov, une cité médiévale saxonne entourée par les montagnes, on peut voir sur l’une d’elle inscrit le nom de la ville comme à Hollywood.

Nous longeons d’abord le pied d’une colline, dans une forêt, puis nous descendons vers les fortifications, nous dirigeant vers la strada republicii. C’est une rue piétonne  avec beaucoup de commerces, au bout de cette rue nous arrivons sur la place Sfatului. Nous passons dans un petit passage orné de dessins religieux, débouchant sur une jolie petite église orthodoxe : un mariage y est célébré. Nous sortons, et allons à une tour blanche (c’est d’ailleurs le nom qu’elle porte) où a lieu des concerts toute la journée. Nous regardons un vieux groupe de rock hard métal, enfin un truc dans ce genre. Puis nous allons flâner, déambuler dans de petites rues.

 

Le soir nous prenons le train pour Sighisoara. Arrivés là bas, un gars nous attend pour nous amener à son hôtel, il nous dit que ce n’est pas cher, sympa, confortable et qu’il y a de jolies demoiselles. Ah ! Là il m’a convaincu, nous allons voir son hôtel qui est situé à cinquante mètre de la gare: il est plein de déco artisanales accrochées aux murs, il y a une cuisine, on peut même louer des vélos…Enfin bref l’hôtel nous convient. Il nous installe dans une chambre avec les cinq anglaises.

Nous partons dans Sighisoara, passant la rivière, montant la colline par un petit escalier obscur, nous arrivons à l’entrée de la vieille ville sous la tour d’horloge. Nous cherchons une petite taverne dans les rues pavées de la citadelle. N’ayant pas trouvé un petit bar à notre goût, nous nous retranchons sur la place ou nous buvons quelques verres. Un dernier verre s’impose, mais le barman a fermé son bar… Qu’à cela ne tienne : il y a une épicerie de nuit juste en face de l’hôtel, nous prenons une bouteille de bière et de quoi déjeuner. Passé le portail de l’hôtel,  j’entend des voix au sous sol (il s’agit de la cuisine). Nous descendons, cinq jeunes anglaises et deux français finissent leur repas. Nous nous installons à table, je prends deux chopes de bière dans l’évier. Les anglaises discutent entre elles, et moi je parle avec Antoine : un alsacien. Il est chef cuisto, il travaille souvent à l’étranger, il est même allé jusqu’en Australie. A ma gauche c’est une française, et contrairement à ce que je croyais, ils ne voyagent pas ensemble. Elle est de Toulouse et cherche du boulot.

Laurent sort la carte de Roumanie, nous regardons notre trajet pour demain : nous irons visiter les citadelles de Viscri et Biertan à vélo. D’après la carte nous avons évalué la distance à 100 km…

 

 

Le 28/08/05

 

Le lendemain à 8h00 mon réveil sonne, mais je ne l’entends pas, c’est l’une des anglaises qui vient me réveiller : c’est une journée qui commence très bien. Je vais prendre mon petit déjeuner avec Laurent, nous choisissons nos vélos, et c’est parti.

A peine sortis de la ville, un panneau nous indique qu’il y a 45kms pour aller jusqu’à Viscri. Le calcul est vite fait… nous ne pourrons faire que la citadelle de Viscri. Nous roulons sur l’asphalte face au vent durant tout le trajet et c’est pénible, j’ai l’impression de ne pas avancer. Sur notre chemin nous apercevons les citadelles de chaque village que nous traversons. Nous sortons de la route nationale à Bunesti et nous prenons un chemin empierré montant au village de Viscri. Sur le chemin un homme dans sa charrette nous propose de monter et nous laisse à 2kms du village. Enfin après 3h de route nous arrivons à Viscri. C’est un village complètement isolé, chaque maison est peinte d’une couleur vive ce qui lui donne vraiment beaucoup de charme. Nous nous arrêtons à une épicerie manger quelques gâteaux.

Nous traversons le village pour nous rendre à la citadelle, là un homme qui s’occupe de l’entretien et la rénovation du site nous ouvre les portes. Il nous laisse visiter librement la citadelle. Nous grimpons dans le clocher : d’ici il y a une superbe vue sur le petit village. Au cœur de la citadelle, il y a une église blanche, j’entre à l’intérieur par une porte qui donne accès à l’estrade, il y a de vieilles décorations, en bas tout est fait pour loger un maximum de personnes lors des messes, les bancs sont resserrés, au milieu le couloir est très étroit, on dirait une église pour lilliputiens. Puis je monte dans les quatre tours qui entourent la citadelle.

 

Vient le moment où nous devons rentrer. Je ne suis vraiment pas motivé, mais bon il faut bien rentrer avant la nuit. Nous descendons par le chemin de pierre, et en plein milieu, Laurent crève, nous n’avons rien pour réparer. Je descends donc au village, et je m’arrête à l’une des premières maisons, un homme est en train de couper du bois, il est avec sa fille est son frère. Je leur explique que j’ai besoin d’une pompe  en mimant et en utilisant des mots français transformés pour leur donner un air roumain.

«Vous avez una pompa, poumpe, pompeux, pompiste...heu, je sais pas, vous voyez quoi, un truc qui sert a  gonfler my vélo ». L’homme lève le doigt, je crois qu’il a compris, il rentre dans sa cabane et ressort avec une pompe. Il prend mon vélo.

« Nu, nu, c’est pas pour moi, c’est pour mon pote qu’est là haut ! »

 Il comprend et me la donne enfin, je remonte la côte retrouver Laurent. Il gonfle son pneu puis descend. Nous nous arrêtons rendre la pompe, mais la roue est déjà dégonflée. Le gars prend le vélo pour le réparer, et nous découvrons un joli trou dans la chambre à air, et ce n’est pas le premier. En attendant, la fille nous prépare le café, toute la famille arrive : les enfant, les cousins etc…  le frère essaye de me caser avec l’une des filles, mais là y a pas moyen. La fille n’a pas l’air contre, elle a le  sourire en coin, elle tortille ses mains d’un air timide et c’est ça me fait peur. Il nous rend le vélo, nous faisons nos adieux à chaque membre de la famille puis nous reprenons la nationale en direction de Sighisoara.,

Une scène digne d’un film de Kusturica, il ne manque plus que la musique de la fanfare et y est. Nous arrivons à l’hôtel vers 19h, et après cette journée bien remplie, nous ne tardons pas à aller nous coucher.

 

 

Le 29/08/05

 

Lever difficile le lendemain, mais il faut se motiver, la fin du voyage se rapproche à grands pas, et nous n’avons pas beaucoup de temps pour visiter ce que nous avons prévu.

Nous montons donc dans la ville haute de Sighisoara, par les rues pavées jusqu’à la tour d’horloge, que nous visitons. D’en haut, il y a une vue plongeante sur les toits et les petites rues de la cité. Nous descendons de la tour, et allons nous balader dans les rues, faisant le tour par les remparts. Nous passons devant la maison de Vlad Tepes (plus connu sous le nom de Dracula). Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas un mort vivant qui se nourrit de sang humain, mais un héros de la résistance antiturque qui avait des méthodes de tortures terribles (habituelles à cette époque).

 

Nous partons pour la citadelle de Biertan, celle que nous n’avons pas pu faire hier. De Sighisoara, nous prenons le train jusqu’à une petite gare en bord de route, d’où nous faisons du stop. Un gars dans sa charrette nous amène à Sarosu pe Tirnave. Nous attendons cinq minutes et nous montons dans le bus de Biertan. Nous arrivons dans un village vide, tout ceux qui étaient descendu du bus ont très vite disparu. Nous visitons l’église fortifiée, qui est en rénovation (pas de bol), nous faisons malgré tout le tour de la citadelle. Pour la petite histoire, il paraît que cette église a été construite sur une poignée de sable, qu’une fille d’un géant aurait laissé tomber de sa poche.

 

Nous repartons de Biertan en stop, jusqu’à Medias. Nous avons environ deux heures d’attente pour le train de Campia Turzii. Nous en profitons pour visiter le centre ville : le tour est vite fait. Laurent rentre dans un cyber café, et moi je vais faire un tour au marché. Dans ce marché, comme dans tous les marchés roumains, les fruits et légumes sont énormes et leurs couleurs très vives, ils ont l’air vraiment appétissants. Je prends un morceau de pastèque, et je repars flâner dans les rues de Medias.

 

Nous prenons le train de 17h40 pour Campia Turzii, et nous arrivons à 20h30 à Cluj Napoca : nous avons loupé notre station. Du coup nous mangeons une pizza dans un restaurant en face de la gare de Cluj, puis nous reprenons le train en sens inverse pour Campia Turzii. Arrivés là bas vers minuit, nous nous apercevons qu’il n’y a pas de train pour les monts Apuseni, mais il y a un bus demain à 6h. Il est trop tard pour chercher un hôtel, nous plantons donc la tente dans un espace vert juste derrière le quai de la gare, après avoir demandé à des vigiles. Je trouve le sommeil difficilement, à cause du haut parleur qui sonne toutes les 10 minutes et du passage des trains à la gare. Le lendemain, nous nous réveillons à 5h, je crois que j’aurai pu dormir deux heures de plus sans problème malgré le vacarme.

 

Les monts Apuseni 

 

Le 30/08/05

 

Nous montons dans le bus pour Arieseni, où nous prenons notre petit déjeuner, moi je prends la fameuse soupe de tripes. Puis nous faisons du stop jusqu’à Garda de sus, là nous marchons deux kilomètres pour nous poser chez Mama Uta. A notre arrivée, elle nous a très bien accueillis, un peu comme une grand-mère avec ses petits enfants, elle est très chaleureuse, elle a plus de 80 ans et a vraiment la pêche. Je reste là tranquillement l’après-midi devant mon bouquin, Laurent lui est parti faire un tour dans la montagne. Le soir, nous mangeons avec deux français de Blaye qui font partie d’une association qui œuvre dans le développement touristique et économique de Garda de sus. Je ne me souvient plus de leur prénom, mais l’un est plus loquace que l’autre, il fait beaucoup de repérage dans les coins afin de voir ce qu’il y a d’intéressant à développer en allant discuter avec les habitants… Nous buvons quelques bières, et il nous indique le chemin à prendre pour ce rendre à Scarisoara, voir le glacier souterrain.

 

 

Le 31/08/05

 

Nous partons de chez Mama Uta vers 9h pour aller à Scarisoara, bien sur nous montons à pied par un petit sentier ( un raccourci que nous avait indiqué le français). Depuis Garda nous prenons un chemin 4X4, jusqu’à une bifurcation à 2 kms. Là nous passons dans un sentier qui permet de couper directement vers Scarisoara. Nous marchons à travers bois, traversant parfois le chemin 4X4. Puis nous arrivons un peu plus en altitude, le panorama ici est magnifique : se sont de petites dolines parsemées de petites maisons en bois, j’ai l’impression que le temps n’a pas changé depuis cinquante ans. Nous continuons, et arrivons à la grotte en 2 heures de marche bien     soutenue.

 

Nous descendons dans la grotte par un escalier en fer. Au fond du trou il y a encore de la neige, nous rentrons dans le glacier formé de stalagmites et de stalactites. Nous faisons le tour touristique car nous n’avons pas le matériel nécessaire pour descendre encore plus profondément. C’est un site idéal pour les spéléologues.

 

 Nous retournons à Garda par un autre chemin à travers bois, puis nous traversons des gorges, nous avançons assez vite car un orage s’apprête à éclater, je le sens il est juste derrière et il nous suit. Nous arrivons chez Mama Uta à 15h et cinq minutes plus tard c’est le déluge. Nous mangeons le repas que nous a préparé Mama Uta, puis Laurent va se coucher, moi, je n’ai toujours pas fini mon histoire alors je continue : c’est passionnant.

 

Nous finissons la soirée en compagnie du baroudeur de Blaye, buvant quelques bières. Le patron passe nous voir et nous en offre une bière, puis nous allons dormir un peu.

Goodbye Roumanie

 Retour vers Budapest

 

Le 01/09/05

 

Nous prenons le bus vers 9h, pour voir la foire de Beius, c’est la plus grande foire du pays. Le bus s’arrête à chaque petit hameau pour prendre des personnes, le bus se remplit de plus en plus. Vers 11h, Laurent s’aperçoit que nous avons dépassé Beius. Nous demandons donc au chauffeur de s’arrêter, il nous laisse en rase campagne, et nous faisons du stop. Enfin nous arrivons à Beius, nous entrons dans un marché, il y a beaucoup de monde et nous nous faufilons à travers la foule avec nos gros sacs. Nous cherchons quelques souvenirs mais c’est un marché comme ceux que nous avons pu voir dans d’autres villages, nous ne trouvons rien d’intéressant. Du coup nous prenons un taxi jusqu’à Oradea, nous partageons les frais avec deux autres personnes. A Oradea je m’arrête au resto manger une pizza, puis nous prenons le train vers Arad.

 

Nous nous installons dans un compartiment, un vieux monsieur est assis près de la fenêtre, je poursuis mon roman en écoutant Noir Désir, une demoiselle très charmante rentre dans notre compartiment. Laurent discute avec elle, puis elle me prend mon livre, elle l’ouvre à une page au hasard, et commence à le lire. Je lève ma tête, je retire mes écouteurs. Elle essaye de déchiffrer les phrases, puis nous les épelle à haute voix. Elle a la même intonation que l’indienne dans le film Danse avec les loups, lorsqu’elle réapprend sa langue natale : c’est vraiment mignon. Puis je la regarde, cette fille a un visage magnifique, des bras doux, elle tient le livre avec ses deux petites mains, elle a une jupe tout simplement jolie, ses jambes aussi sont douces,  et des petits pieds que j’aurai bien envie de manger. Bref en l’espace de dix secondes je suis tombé amoureux comme jamais. Si elle me demandait en mariage je dirais oui toute de suite, mais là faut pas trop rêver. Je vais dans le couloir me lamenter sur mon sort, elle me rejoint et nous discutons, elle est vraiment très gentille. Je retourne dans le compartiment et Laurent me dit qu’elle est lesbienne et qu’elle rejoint sa copine à Timisoara. J’aurais eu une corde, je me serais pendu. En tout cas je n’ai pas tout perdu car j’ai passé deux heures à rêver les yeux ouverts. Nous la quittons à Arad, Laurent n’a pas l’air époustouflé par cette demoiselle mais moi je le suis à 200%.

 

Le prochain train pour Budapest est à 1h, nous avons le temps de nous balader dans la ville. Laurent préfère aller sur Internet, et moi j’en profite pour faire quelques courses et un petit tour. Puis nous allons manger notre dernier repas en Roumanie dans un resto, le «comme da Mamma ». Nous sommes les seuls dans ce resto, et le serveur, hyper classe, en profite pour déconner un peu avec nous, nous comparons les roumaines avec les françaises : malgré les tenues légères des roumaines, les françaises sont les plus ouvertes (c’est une généralité…). Mais ne vous y méprenez pas, nos avis restent très objectifs. Après une balade nocturne en ville, nous retournons à la gare.

 

Nous faisons la queue pour faire nos réservations, un homme est en train de gueuler sur la guichetière qui est au bord des larmes, je pense qu’il essaie de se faire rembourser son ticket. Le problème, c’est qu’elle n’y peut rien, et quand on connaît le bordel que c’est avec la SNCF, je ne vous raconte pas la galère que ça doit être en Roumanie. Après pas mal de complication nous réussissons à avoir nos réservations. A savoir qu’il n’y a pas de système informatique pour avoir un ticket, et qu’il a fallu qu’elle passe quelques coups de téléphone, c’est assez rustique, et il ne faut pas s’y prendre à la dernière minute. Avant de prendre le train nous échangeons nos derniers Lei, il me reste encore des pièces. Je me dirige donc dans la salle d’attente où dorment quelques personnes, et je vais mettre mes dernières pièces de monnaie au pied de deux enfants qui dorment sur une couverture, puis je ressors l’air chétif et impuissant devant cette misère, en sachant que je vais bientôt retrouver mon appartement et tout le confort qui va avec.

 

A 1h46, nous trouvons un compartiment dans le train où nous nous installons, je vais discuter avec une Française dans un compartiment voisin, nous buvons une bière tout en fumant une cigarette, puis les douaniers passent et me demandent de retourner dans mon compartiment. Ce que je fais, je leur tends mon passeport, puis je me couche.

 

Budapest  

 

Le 02/09/05

 

Laurent me réveille, le train est déjà arrivé en gare de Budapest, je prépare mes affaires, j’enfile mon sac à dos puis nous partons nous renseigner sur les prochains départs pour Paris, et nous posons nos sacs dans la consigne.

Nous sortons de la gare par le passage souterrain pour arriver dans l’avenue Rakoczi, nous descendons cette avenue en direction du centre ville afin de trouver l’office du tourisme car nous n’avons pas de guide sur la ville. Arrivés devant l’office fermée (elle ouvre qu’à 8h30), nous nous posons sur une place tels deux clochards : Laurent dort sur un banc, et moi assis la tête entre les bras, on est vraiment pitoyables. Enfin une femme vient ouvrir l’office du tourisme, je vais chercher un plan de la ville ainsi qu’un descriptif des sites à voir.

Alors nous partons à travers les rues et les avenues de la capitale hongroise, et commençons par le parlement, un monument qui domine le Danube et en impose sur toute la rive gauche. Nous passons sur le pont Marguerite pour passer de l’autre coté du fleuve où se trouve le château de Buda. Cette rive est beaucoup plus vallonnée que du coté de Pest.

 

Nous grimpons donc par des escaliers jusqu’aux fortifications. L’endroit est très touristique et nous nous dépêchons de faire le tour, passant voir le « bastion des pêcheurs » une place où l’on peut voir un attroupement de plusieurs tribus comme la tribu des vieux, celles des sandales aux chaussettes mi-mollet, ou des petits bonhommes à appareil numérique XP3000superG. Petite astuce : on peut reconnaître leur chef qui brandit un parapluie au dessus de sa tête. Je pense que si l’on arrive à choper le chef les autres seront totalement perdus.

Nous descendons des escaliers derrière cette place, et nous trouvons le château, un peu dans le style des châteaux de la Renaissance. Puis nous descendons le long des enceintes, et arrivons au pied d’un vieux funiculaire : le point de départ des tribus (évidemment ils ne peuvent pas arriver là haut par l’opération du saint esprit).

 

Nous traversons un boulevard pour remonter sur une autre colline (parc), le mont Gellért, passant devant la statue de saint Gérard. Au sommet une forteresse sert de mémorial de la 2ème guerre mondiale, et on a une vue panoramique sur toute la ville. Nous redescendons de l’autre coté ; sur des escaliers, deux gars joue avec une boule, trois gobelets et un peu d’argent. Le maître du jeu fait passer la boule d’un gobelet à l’autre, puis s’arrête, l’autre mise un peu d’argent et choisit le gobelet. S’il trouve la boule, il gagne. Ils nous proposent de jouer, mais nous avons bien vu leur petit manège, ils sont complices, et dans tout les cas tu repars sans un sou.

 

Nous repassons sur un pont pour changer de rive, et nous allons vers l’avenue de la République Populaire (l’équivalent des Champs Elysées). En chemin, nous nous arrêtons manger un kebab pour changer. Puis nous continuons en passant devant la plus grande synagogue d’Europe, qui est fermée (pour cause de fête religieuse je crois). Nous arrivons aux « Champs Elysées » où se trouve un opéra, un théâtre, le plus vieux métro d’Europe. Au bout de l’avenue ce trouve une place immense avec le monument du millénaire : la place des Héros. Nous faisons le tour pour nous poser dans un parc. Nous nous installons sur l’herbe, mais nous n’avons pas choisi le meilleur emplacement : le sol tremble à chaque passage du métro.

 

Puis je décide de faire un tour en ville, Laurent lui reste se reposer encore un peu. J’en profite pour prendre le plus vieux métro d’Europe, et aller flâner dans les rues de Budapest, et passer dans un marché couvert acheter quelques spécialités du coin. Puis nous nous retrouvons à la gare, allons chercher nos sacs, et nous montons dans le train pour Munich : départ à 20h25.

 

 

Retour en France 

 

 Le 03/09/05

 

Le retour en France n’a pas été de tout repos.

 

Arrivée à Munich vers 6h, sans savoir vraiment à quelle heure on aura un train pour Paris, l’affaire est un peu tendue. Mais nous en trouvons un pour Paris via Cologne, ça fait un sacré détour. Nous traversons l’Allemagne en moins de 5h, au passage nous payons une amende de 30€ pour ne pas avoir payé de supplément. En tout cas, les TGV allemand sont vraiment très confortables, avec radio individuelle, et du coup j’ai bien profité des toilettes (quitte à payer un supplément autant en profiter, non ?).

 

Nous descendons du train, le prochain est déjà sur le quai, pas le temps d’aller au guichet pour payer le supplément : nous montons. Viens le moment du passage du contrôleur, belge cette fois. L’avantage c’est qu’on peut se comprendre, l’inconvénient c’est qu’on est obligé de descendre à la prochaine gare.

Nous descendons donc du train à Liège, puis nous prenons le suivant partant pour Lille, payes ta galère : 4h pour faire Liège-Lille. Nous arrivons un peu avant 18h, pendant la brocante, un truc de fou, je sais pas combien de personnes se trouvent dans la rue, et encore moins le nombre de viande soule. Nous prenons nos billets pour nos villes respectives, Laurent ayant pris la dernière place dans le TGV, j’ai du prendre l’Eurostar. Nous nous quittons donc à Lille. 

Entre deux wagons, je discute avec un gars de Troyes qui à bien fait la fête, en buvant ma dernière bière. Et en 1h heure, j’arrive à la gare du nord. En sortant je suis entouré de quatre gros blacks avec des oreillettes, des maillots de football américain, marchant un peu de travers (enfin bref des petits gars qui s’la pète). Et juste à coté de moi y a une petite fille que j’ai déjà vu à la télé, c’est la chanteuse de Rapp Leslie. C’est un drôle de retour à la réalité.

 

Je rentre dans le métro, un peu perplexe direction gare d’Austerlitz pour prendre le train de Limoges, le trajet se passe un peu plus tranquillement. J’arrive à Limoges vers 22h, ma sœur vient me chercher, et en chemin je croise un pote du rugby qui m’arrête, et pour fêter mon retour il m’invite à jouer le match demain, présence obligatoire… Trop dur, je veux revenir en Roumanie !!!